Crise d'angoisse : que faire pour la calmer ?

Crise d'angoisse : que faire pour la calmer ?

Le cœur s'emballe, la respiration se bloque, une peur immense monte sans raison claire : la crise d'angoisse (ou attaque de panique) est une expérience terrifiante. Pourtant, deux faits essentiels doivent vous accompagner avant même les techniques : une crise d'angoisse n'est pas dangereuse en elle-même, et elle retombe toujours d'elle-même. Comprendre ça, c'est déjà désamorcer la moitié de la peur.

Reconnaître une crise d'angoisse

Le manuel de référence des psychiatres (DSM-5) décrit l'attaque de panique comme une montée brutale de peur ou de malaise intense qui culmine en quelques minutes, avec plusieurs de ces signes : palpitations, sueurs, tremblements, souffle court ou sensation d'étouffement, douleur dans la poitrine, nausée, vertiges, fourmillements, bouffées de chaud ou de froid, impression d'irréalité, et surtout la peur de perdre le contrôle ou de mourir. Ce sont ces deux dernières peurs qui rendent la crise si angoissante — alors même que le corps, lui, ne fait « que » déclencher son alarme.

Ce qui se passe réellement dans votre corps

Ce que vous ressentez est une décharge du système nerveux sympathique et d'adrénaline : la fameuse réaction de « lutte ou fuite » décrite par le physiologiste Walter Cannon dès 1915. Votre corps se prépare à un danger… qui n'est pas là. Le psychologue David M. Clark a montré en 1986 comment la crise s'auto-entretient : on interprète de façon catastrophique des sensations en réalité bénignes (« mon cœur s'emballe → je fais un infarctus »), ce qui augmente la peur, donc les sensations, donc la peur… C'est ce cercle vicieux qu'il faut casser, pas « le danger ».

Un détail utile : quand on panique, on a tendance à hyperventiler (respirer trop vite). Cela chasse trop de CO₂ du sang et provoque justement les vertiges et les fourmillements qui vous effraient. Ralentir la respiration suffit souvent à faire refluer ces symptômes.

4 gestes pour traverser la crise

1. Respirer lentement, en allongeant l'expiration

C'est le geste n°1. Inspirez doucement par le nez, puis expirez plus longtemps que vous n'avez inspiré (par exemple 4 secondes d'inspiration, 6 d'expiration), en visant un rythme très lent. L'expiration allongée active le système parasympathique, celui qui freine l'alarme. N'essayez surtout pas de respirer dans un sac en papier : c'est un vieux conseil dangereux, à oublier.

2. S'ancrer avec les cinq sens (5-4-3-2-1)

Pour sortir de la spirale des pensées, revenez au présent par le corps. Nommez 5 choses que vous voyez, 4 que vous entendez, 3 que vous touchez, 2 que vous sentez, 1 que vous goûtez. Cette technique d'« ancrage », très utilisée en thérapie cognitivo-comportementale, agit comme un coupe-circuit : elle occupe l'attention ailleurs que sur la panique.

Aller plus loin

Découvrez notre guide complet

L'Art de Gérer son Stress

Voir le guide

3. Le froid sur le visage

Passer de l'eau froide sur le visage (ou tenir quelque chose de froid) déclenche un réflexe qui ralentit le cœur — un outil tiré de la thérapie comportementale dialectique de Marsha Linehan. Attention : si vous avez un problème cardiaque, prenez un traitement du rythme ou avez un pouls naturellement bas, demandez conseil à un médecin avant d'utiliser cette astuce.

4. Accepter la vague plutôt que la combattre

C'est le plus contre-intuitif, et le plus puissant. La médecin australienne Claire Weekes l'a résumé en quatre temps : affronter, accepter, flotter, laisser passer le temps. Se dire « c'est une crise d'angoisse, c'est désagréable mais sans danger, je vais la laisser passer » casse le cercle vicieux. Lutter contre les sensations les nourrit ; les accueillir les laisse se dissiper. Et elles se dissipent toujours : le corps ne peut pas maintenir indéfiniment la décharge d'adrénaline.

Un cas concret

Dans le métro bondé, Nadia sent monter la crise : cœur qui cogne, jambes en coton, certitude qu'elle va « tomber dans les pommes devant tout le monde ». Au lieu de se raidir et de se répéter « surtout pas ici », elle descend à l'arrêt suivant, s'assoit sur un banc, et pose une main sur son ventre pour ralentir son souffle (expiration longue). Puis elle nomme ce qu'elle voit : « affiche bleue, poussette, pigeon, carrelage… ». Elle se dit : « C'est l'adrénaline, ça va redescendre. » En quelques minutes, la vague reflue. Elle n'a pas « gagné un combat » : elle a laissé passer l'orage.

Quand consulter

Une crise isolée n'est pas une maladie. Mais si les crises reviennent, si vous développez la peur d'avoir peur (la peur de la prochaine crise), ou si vous commencez à éviter des lieux ou des situations, parlez-en à un médecin ou à un psychologue : il peut s'agir d'un trouble panique, qui se soigne très bien, notamment par thérapie. Et lors d'une première crise, ou en cas de douleur thoracique inhabituelle, mieux vaut consulter pour écarter une cause physique. Cet article est informatif : il ne remplace pas un avis médical.

Guide recommande

L'Art de Gérer son Stress

Comprendre votre stress et apprendre à le gérer — corps, mental et mode de vie. 8 chapitres sourcés (Selye, Lazarus, Kabat-Zinn, Karasek…) + plan d'action sur 30 jours.

9,90 € — Decouvrir

Cet article vous a plu ?

Recevez nos prochains articles et un guide gratuit.