L'empathie : définition, les 3 types et la différence avec la sympathie

L'empathie : définition, les 3 types et la différence avec la sympathie

On emploie le mot empathie à tout propos, souvent comme synonyme de gentillesse. C'est plus précis, et plus intéressant, que cela. L'empathie est la capacité à entrer en contact avec ce que ressent une autre personne — et elle prend, en réalité, plusieurs formes qu'il vaut la peine de distinguer.

Définition de l'empathie

L'empathie, c'est la faculté de se représenter et, parfois, de partager l'état intérieur d'autrui : ce qu'il ressent, ce qu'il vit, ce qu'il pense. Le mot vient du grec empatheia (« ce qu'on ressent dedans ») et a été forgé, au début du XXe siècle, à partir de l'allemand Einfühlung, « ressentir de l'intérieur ». Ce n'est ni de la pitié, ni de l'approbation : c'est d'abord une forme de compréhension.

Les trois types d'empathie

Le psychologue Daniel Goleman, s'appuyant sur ses échanges avec le chercheur Paul Ekman, distingue trois formes d'empathie — un repère commode :

1. L'empathie cognitivecomprendre ce que l'autre ressent ou pense, se mettre à sa place intellectuellement. C'est l'empathie du bon négociateur, du bon pédagogue… mais aussi, hélas, du manipulateur habile.

2. L'empathie émotionnelle (ou affective) — ressentir avec l'autre, attraper sa joie ou sa peine comme par contagion. C'est ce qui vous serre la gorge devant le chagrin d'un ami.

3. L'empathie compassionnelle — ressentir pour l'autre, avec en plus l'élan de l'aider. C'est ce que le psychologue Daniel Batson a appelé le « souci empathique ». C'est elle qui transforme la compréhension et le ressenti en geste.

Empathie et sympathie : quelle différence ?

On les confond souvent, à tort. La sympathie, c'est éprouver un sentiment envers quelqu'un depuis l'extérieur : « je suis désolé pour toi », « pauvre de toi ». On reste sur la rive. L'empathie, elle, entre dans l'eau : elle cherche à comprendre la situation de l'intérieur, du point de vue de l'autre, sans le juger d'en haut. La sympathie compatit ; l'empathie se met à la place. C'est pourquoi une personne en difficulté se sent souvent bien plus soutenue par un « je vois à quel point c'est dur pour toi » que par un « oh, le pauvre ».

Aller plus loin

Découvrez notre guide complet

L'Art de l'Intelligence Émotionnelle

Voir le guide

Un cas concret

Julie annonce à une amie qu'elle vient de perdre son emploi. Première réaction possible, la sympathie : « oh non, c'est affreux, ma pauvre ! » — sincère, mais qui laisse Julie seule avec son problème. Deuxième réaction, l'empathie : « tu dois être sous le choc… qu'est-ce qui te fait le plus peur, là, maintenant ? » Rien de spectaculaire, mais Julie se sent enfin rejointe. La seconde réponse n'exige pas plus de temps ni plus de mots — seulement de passer de la rive à l'eau.

Et le manque d'empathie ?

Manquer d'empathie, ce n'est pas forcément être méchant : c'est souvent ne pas percevoir ce que vit l'autre, par distraction, par stress, ou par manque d'habitude. La bonne nouvelle, c'est que l'empathie n'est pas un don figé : comme toutes les compétences émotionnelles, elle se cultive — en écoutant pour comprendre plutôt que pour répondre, en posant des questions, en vérifiant ses suppositions au lieu de les tenir pour vraies.

Attention à ne pas trop lire les autres

Un mot de prudence, car l'empathie a ses illusions. Nous croyons souvent « lire » les autres comme un livre ouvert — deviner qu'ils sont fâchés, blessés, indifférents. Or la recherche invite à l'humilité : une grande synthèse menée par Lisa Feldman Barrett et ses collègues (2019) a montré qu'on ne peut pas déduire de façon fiable l'émotion réelle de quelqu'un à partir de son seul visage. Une mine fermée peut cacher de la fatigue, de la timidité, de la concentration — pas forcément de l'hostilité. La vraie empathie ne consiste donc pas à deviner, mais à vérifier : « j'ai l'impression que tu es contrarié, je me trompe ? » On rejoint bien mieux l'autre en lui demandant qu'en le devinant.

Un art d'équilibre

Reste une nuance capitale : ressentir avec l'autre peut aussi nous submerger. Trop d'empathie émotionnelle épuise — c'est le lot des soignants et des proches aidants. Tout l'art est de rester assez présent pour comprendre et se soucier, sans se noyer dans la peine de l'autre. C'est là que l'empathie, pour devenir vraiment utile, gagne à se muer en compassion : une chaleur tournée non vers l'absorption, mais vers l'action.

Guide recommande

L'Art de l'Intelligence Émotionnelle

On connaît tous des gens brillants qui ratent leur vie relationnelle, et des gens sans diplôme qui inspirent confiance partout. C'est l'énigme de l'intelligence émotionnelle : à côté du QI, une autre intelligence — celle qui décide de la qualité de nos jours. Non pas « être gentil » ni tout encaisser, mais un ensemble de compétences qui s'apprennent : percevoir ce qu'on ressent, le comprendre, le réguler sans le refouler, et s'accorder aux autres. Ce guide complet réunit la science de Yale, de Stanford et des neurosciences de l'émotion, traduite en gestes concrets — avec l'honnêteté rare de dire aussi ses limites. 11 chapitres 100 % sourcés et un plan d'action sur 30 jours.

12,90 € — Decouvrir

Cet article vous a plu ?

Recevez nos prochains articles et un guide gratuit.